Toulouse - 17 février 2010
Martine Martinel est intervenue mercredi 17 février lors des séances de questions d'actualité pour interpeller le gouvernement sur la situation du groupe Sanofi-Aventis.
En effet ce groupe, n°1 français et européen, n°5 mondial dans le domaine pharmaceutique et entreprise la plus rentable du CAC 40, malgré un chiffre d'affaire de 30 milliards d'euros et des bénéfices s'élevant à près de 9 milliards, entend procéder à des restructurations.
Alors que ce laboratoire a obtenu ces bons résultats, grâce notamment à la commande gouvernementale pour 440 millions d'euros de vaccins contre le virus de la grippe H 1N1 et à des aides sous la forme de crédits d'impôts recherche, Sanofi Aventis envisage dès à présent, sous prétexte que des brevets vont tomber dans le domaine public, de supprimer des postes, notamment ceux dédiés à la recherche fondamentale.
Ainsi, le site toulousain du groupe associé au Cancéropôle est-il menacé dans son expansion pourtant annoncée.
Face à cette inquiétude, le ministre de l'Industrie, M. Christian Estrosi, a « botté en touche » en prenant clairement le parti des dirigeants du groupe. Il a ainsi justifié la politique à court terme de restructuration du groupe en arguant de la compétition mondiale.
Toulouse - 15 janvier 2010
Alertée par l'intersyndicale des salariés de SANOFI AVENTIS, Martine MARTINEL s'est rendue sur le site du Cancéropôle afin d'exprimer son soutien aux personnels confrontés à une nouvelle orientation de la politique de leur entreprise.
Un projet national de restructuration nommé "transforming" prévoit la perte de 1300 postes au niveau national, dont plus d’une centaine sur TOULOUSE, soit 15% de l’effectif du site.
L’objectif global affiché par la direction générale vise clairement une diminution des coûts de recherche interne. Sont envisagés des suppressions de postes et une diminution du nombre de sites de recherche. Début 2009, la vente du site industriel de Colomiers à un sous-traitant confirmait déjà les désengagements de SANOFI-AVENTIS dans les secteurs de l’Industriel, de la Recherche et de la Visite Médicale.
Les prévisions d’une montée en puissance du site Toulousain à plus de 1000 salariés semblent compromises par les récentes annonces de la nouvelle direction. Alors que deux nouveaux bâtiments entrent en fonction pour permettre le regroupement sur le site du Cancéropôle des salariés de Labège et de Toulouse, 107 salariés ont été incités à une cessation anticipée d'activité. Par ailleurs, aucun recrutement n'est prévu : on comprend dès lors l'inquiétude des salariés qui voient partir un savoir-faire incarné par des collègues expérimentés sans aucune perspective de renouvellement du potentiel de chercheurs.
Ils assistent ainsi à une externalisation de la recherche, avec un risque de délocalisation vers les pays émergents à bas coûts. Cela n'est pas sans incidence sur les débouchés professionnels des jeunes chercheurs aujourd'hui formés dans nos universités toulousaines.
Alors que cette grande entreprise assure 50% de la recherche privée française et que l'estimation de ses bénéfices en 2009 dépasse les 8 milliards d’€, la nouvelle orientation stratégique de SANOFI-AVENTIS s'avère particulièrement choquante et inspirée d'une logique purement financière.
Ce désengagement d'une recherche non rentable à court terme mais indispensable à la découverte des médicaments de demain, tout en bénéficiant de millions d'euros d'aides publiques par le biais des Crédits d'Impôts Recherche, pose clairement la question du rôle que doivent jouer les grands groupes industriels français en terme d'emploi et d'innovation.
Cette société a les moyens d’assurer son avenir dans le respect de ses salariés et de répondre à sa mission première de santé publique. |